Difficile d’échapper au tumulte soulevé par cette nouvelle loi surtout pour un jeune et de surcroit étudiant comme moi. Donc au risque de choquer mes gentils « semblables » tellement consensuels, je vais essayer de donner mon avis de manière assez structurée je l’espère.
Alors, qu’est-ce qui va changer? Pour les moins de 26 ans, une période d’essai de deux ans durant laquelle les deux co-contractant pourront rompre le CPE presque sans préavis et sans obligation de motif réel et sérieux. Cette mesure s’accompagne de plusieurs « garanties » comme le locapass pour le logement et le droit d’obtenir des crédits bancaires malgré la précarité de la situation. Première réserve, on peut sérieusement douter que les banquiers suivront ou alors ils demanderont moult cautions ou augmenteront les taux et les assurances. D’autre part, vue la crise du logement, les propriétaires peuvent se permettre de choisir leurs locataires (CDI, bons revenus et cautions sont fortement conseilés), de plus, les logements aidés comme les HLM manquent cruellement. Comment faire alors?
Cependant, on doit être bien clair sur ce point, nous vivons dans un monde entièrement capitaliste et même libéral. L’écrasante majorité des partis politiques et des syndicats ne remet pas en cause cet état de fait, ils proposent simplement d’aménager d’une manière plus ou moins sociale ce système fondamentalement inégalitaire. Alors quand on manifeste contre le CPE, on se trompe de sujet. En effet, ce nouveau contrat n’est, me semble-t-il, qu’une résurgence d’un système largement accepté par tous. Tous les autres pays européens ont flexibilisé leur marché du travail. C’est en quelque sorte une suite logique de la prédominance du capital. Si l’on ne veut pas du CPE, c’est donc d’une manière globale qu’il faut repenser notre système éconmique et social. Le capitalisme moderne a besoin d’un travail flexible, à la carte.
Bien sur, ce sont les classes moyennes (CNE) et les jeunes (CPE) qui font les frais de ces modifications du droit du travail (comme d’habitude…). Faut pas rêver, les dirigeants ne vont pas se couper un bras!
Toutefois et si l’on admet que l’on veut rester dans une économie entièrement régie par le marché, le CPE reste une mauvaise affaire. Ces mesures vont, à mon sens, trop loin. Pourquoi? D’abord, deux ans c’est très long, il faudrait revoir cette durée ou prévoir plus d’opportunités de consolidation de ce contrat. Ensuite, flexibilité d’accord mais licencier sans aucun motif c’est enfreindre le droit international du travail et même si l’on bénéficie d’une dérogation, c’est laisser le champ libre à des pratiques abusives. D’ailleurs, la jurisprudence prud’hommale sur le CNE (grand frère du CPE) oblige les employeurs à donner un motif de licenciement si le salarié dépose plainte et ce motif peut être jugé infondé et donc ouvrir droit à des dommages et intérêts. On imagine alors l’encombrement de ces chambres prud’hommales si le CPE est promulgué sous cette forme… Enfin, il ne faut pas oublier que le rôle du capital est d’assumer les risques liés au marché. Faire encore un peu plus glisser cette responsabilité vers les salariés c’est profondemment inéquitable. Nos voisins européens proposent des contreparties à cette précarisation de l’emploi: augmentation des indemnités de licenciement et de chômage, garanties de retrouver un emploi dans un délai raisonnable…. Chez nous, rien du tout, on nous prend la sécurité de l’emploi sans donner quoi que ce soit en échange: on a vu mieux comme compromis gagnant/gagnant.
Pour finir, dans notre merveilleux monde moderne, la flexibilisation du travail est inévitable et peut même porter ses fruits (Angleterre, Irelande, Allemagne, Danemark). C’est une évolution logique. Toutefois, il est dangereux de creuser encore plus le fossé social en laissant les jeunes sur le carreau. Les manifestations monstres sont donc hors sujet et les leaders ont tort de refuser des négociations, frustrés qu’ils sont par le passage du texte au 49.3. Bloquer les facs à tous c’est irresponsable et anti-démocratique surtout au vu du déroulement de la plupart des A.G. Alors si on veut vraiment remettre en cause notre modèle économique allons dans la rue mais avec un vrai projet de société global, pas pour pinailler les miettes du produit du capitalisme.
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Le CPE ça passe encore, le véritable probleme c’est le froid qu’il fait pendant les manifs…
Moi qui croyait que Avril etait synonyme de minijupes…
cher camarade arnaud, je suis entièrement et foncièrement d’accord avec toi… mais malheureusement, je ne pense pas que les partis politiques ou les associations altermondialistes aient un vrai projet de société alternatif… a les écouter ils croient en « un autre monde possible ». certes je suis partant aussi, mais lequel ? J’aime beaucoup l’allure gentilet du facteur besancenot, mais je ne l’ai jamais entendu sur sa vision concrète de cet autre monde. Gandhi, Luther King, Lénine, Che, étaient tous des révolutionnaires (certes avec des problèmatiques différentes) mais ils avaient une autre vision de la société et se sont battus pour cette dernière. Ils ne se sont pas laissé grissés par les sirènes du pouvoir, qui rend molle toute conviction.
Ta raison arnaud de souhaiter un autre projet pour la france, et le monde. je serais un de tes compagnons de route… commme je le suis déjà lors de tes soirées mix au blue note !
ton blog est super, même si au niveau musical je suis un peu paumé par certainnes notions… que veux tu, écouter du herbert léonard ne développe pas forcément l’intelligence! salut et bonne vacances.