On n'est pas super fans du "gonzo journalisme" chez Spherik. C'est peut-être pour cela qu'on ne fait pas souvent de reports des soirées auxquelles nous participons. Ces moments là, il se vivent, les raconter, c'est les dénaturer. Placer le filtre d'une perception subjective d'un moment sur la musique donne une place trop importante à celui qui raconte par rapport au contenu musical lui même. Mais bon un live de Dopplereffekt, ça n'est pas tous les quatre matins, alors on va essayer de vous proposer un papier intéressant quand même.

 

Minuit pétantes, arrivée devant le mythique 5 boulevard Poissonnière. Déjà une queue conséquente, le club ouvrira un peu en retard. Jerome D assure un bon set Electro Detroit qui nous permet de découvrir un sound system de très haut niveau, chaud et précis. Le temps commence à se faire un peu long avant l'arrivée de Dopplereffekt. Le show commencera avec plus d'une demi-heure de retard. Mais quel show !

 

Musique Maestro !

 

Qu'on se le dise, il s'agît d'un concert de musique et Gerald Donald n'a pas l'intention de céder aux spectateurs réclamant un kick. La première moitié du live fait office de sas de purification auditive avant le rituel de la danse. Nappes synthétiques, ébauches de rythmiques syncopées, on en prend plein les oreilles. On ondule déjà pourtant. Vinrent ensuite les premiers morceaux "format Ep", le public exulte et commence à danser comme un seul homme. La soirée est lancée, Dopplereffekt vient d'assurer un moment de musique cosmique, dans sa configuration habituelle, deux synthés devant un écran géant (un peu dommage d'ailleurs la barre d'outil Apple). Pas de rappel malheureusement malgré des applaudissements nourris.

 

Et après ?

 

Et bien après, c'est Gesaffelstein (Goodlife) qui joue son live. Une prestation efficace avec une certaine filiation. Intéressant. The Hacker prend les platines du Rex une heure plus tard et démarre avec un très prometteur Nightdrive by "Magic" Juan Atkins, les espoirs de bon set se confirment, le grenoblois semble vouloir rester dans un registre Detroit. La première moitié de son set sera en effet très réusie. Electro/Techno très punchy avec des basslines omiprésentes et étourdissantes. Let's Dance ! On a eu en revanche un peu plus de mal à comprendre la deuxième moitié d'une prestation prenant un virage New Wave / Ebm. Pas notre truc.

 

 

Pour finir, Jerome D reprend le flambeau dans un registre identique face à un dancefloor déjà amputé d'une bonne partie de ses clubbers. Les parisiens ne connaissent pas la chance qu'ils ont d'avoir des soirées qui finissent à six heures… I Feel Love de Donna Summer et Giorgio Moroder nous rappellera du chemin du vestiaire pour un baroud d'honneur sur la piste.

 

 

Une belle soirée dans l'ensemble, principalement grâce aux explorations synthétiques de Gerald Donald et sa partenaire. Assurément un des artistes les plus expérimental de la scène actuelle. L'héritage de Kraftwerk est bien sûr présent mais il est transcendé par une inspiration juste. Le Rex est un endroit fabuleux pour la scène électronique en France, il devrait y en avoir un dans chaque ville.

 

Merci à eux pour la soirée : Erw Grc, Mathieu G., ÄndrewVelt qui jouait au Batofar la veille, Anne-C D.

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4 Réponses a “Spherik débarque sur la Planète Hacker : Dopplerffekt report”

  1. Anonymous dit :

    super post … aprés c'est a notre imaginaire de faire le réste . Merci a sphérik (douzi28.05.70 -

  2. HFduCrew dit :

    Merci Tib'

  3. Hypnobot dit :

    Naturellement, ils vont vers la musique contemporaine minimaliste…c'est pas trop tôt!

    mais le public cloisonné dans ses gouts et ses attentes de faire "la fête" va-t-il suivre ce mouvement vers le haut?

  4. HFduCrew dit :

    C'est la ou des endroits comme le Rex peuvent se permettre de programmer des choses carrément pas faciles même un samedi soir.

    Fallait oser. Bravo

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