Paris, quand la nuit se meurt en silence, est une initiative des artistes, exploitants de lieux de diffusion, acteurs des musiques actuelles et professionnels de la nuit à Paris visant à éveiller l'attention des pouvoirs publics sur la situation catastrophique de la nuit parisienne. Les réglementations toujours plus contraignantes et le voisinage, qui au nom du droit à la tranquillité, fait pression, rendent l'exploitation de lieux et l'organisation d'événements toujours plus difficile. Ce constat est le même pour ainsi dire partout et cela nuit considérablement à la diffusion des cultures électroniqes (entre autres)

 

Plaqué Or, Technopol et My Electro Kitchen, acteurs notables de la nuit parisienne, se sont donc réunis pour mettre en place une pétition et des tables rondes afin de réunir les personnes concernées. Il s'agît donc de lobbying en quelques sortes, mais pour une fois un lobbying qui nous serait favorable.

 

Le constat est tout de même assez simple. Paris, ville au rayonnement mondial, a toujours été considérée comme un lieu de fête, de culture et de vie nocturne. Ce n'est absolument plus le cas aujourd'hui. La ville Lumière ne fait plus rêver personne, détrônée par d'autres capitales européennes comme Londres, Berlin ou Barcelone.

 

La réglementation trop contraignante semble être à blâmer. Les lieux, qui subissent la crise eux aussi, se voient contraints à des mises en conformité totalement hors de propos ou sont obligés de travailler dans l'illégalité. Le voisinage, quant à lui, pense qu'il est de son droit d'être tranquille. Bien, pourquoi pas, on pourrait lui suggérer de changer de quartier ou encore de partir vivre à Vierzon ou la tranquillité est garantie.

 

Le vrai gros problème dans tout cela, est que c'est la même chose un peu partout en France. Souvenons-nous de l'épurage qui a été fait sur le centre-ville de Rennes, le déménagement du centre ville nocturne nantais au milieu de la Loire ou encore la fermeture des clubs à 4 heures à Bordeaux. Que dire aussi de la fermeture du Sonotone récemment ? L'interdiction de fumer dans les lieux publics venant parachever le gros oeuvre. On voudrait tuer la nuit qu'on ne ferait pas autrement. Pourtant, l'activité nocturne est aussi économique, elle génère de nombreux emplois et des recettes fiscales importantes. C'est aussi la culture de la France qui est en jeu. Comment un pays comme le nôtre pourrait-il se passer de Paris et de son rayonnement internationale ?

 

Enfin, alors que les temps sont durs pour tout le monde, nous nous étonnons de ne pas voir justement de grand chambardement dans la manière de sortir, de profiter, de faire la fête. Les périodes de crise sont habituellement propices à l'émergence de nouvelles formes d'art, de musique neuve, excitante. Cela ne risque pas de se produire aujourd'hui tellement il est devenu difficile de proposer du contenu de qualité au public. La schlérose est bien présente. Il suffit de comparer les programmations électroniques des villes que nous citions tout à l'heure : Paris, Berlin, Londres et Barcelone…

 

Il serait temps de lâcher du lest.

 

Spherik soutient l'initiative Paris, quand la nuit se meurt en silence dont voici les principales revendications :

 

- que la législation soit clarifiée, rééquilibrée et remise en adéquation avec la réalité des pratiques culturelles et sociales;  

- que les travaux d'isolation phonique des lieux de diffusion soient d'avantage soutenus par des aides publiques pour rendre leur mise en oeuvre réaliste ;

- que soit prise en compte la voix du public des lieux de vie comme est prise en compte la voix des riverains;

- que soit envisagé un zonage des quartiers festifs pour que soit accordé un statut juridique à ces identités historiques;

- que soit réfléchie la mise à disposition de lieux ou de friches pour l'organisation d'événements ponctuels ou l'installation d'infrastructures pérennes;

- que soit réaffirmée en actes, et non seulement en paroles, l'importance pour la culture des lieux de diffusion de proximité;

- que l'ensemble des acteurs institutionnels prennent conscience de l'importance de la vie nocturne (culturellement et économiquement) dans l'essence-même d'une capitale comme Paris et d'une région comme l'Ile-de-France.

Commenter

A lire aussi :

  1. Quand la french se touch
  2. Hypnobot Live dans la Mauvaise Réputation sur Paris One
  3. Last FM mieux que Deezer ??

Aucune réponse a “Paris, quand la nuit se meurt en silence (et ailleurs c’est pas mieux …)”

  1. douzi28.05.70 dit :

    la première raison , me semble venir de la droitisation de la France , considérablement accru , depuis l'aire « starko » . comme si enfin le pire des français pouvaient exulter ! . en suite il y'a aussi l'américanisation de la peur !(importé par la droite) . puis viennent la déculturisation de la masse , par les médias et l'état ! mais sans oublier que la gauche semble ne pas sans soucier beaucoup !!! ( logique , puisqu'il n'y a plus que dans les extrêmes que l'ont parvient a trouvé des différences idéologique ). donc dans cette époque qui  semble opté pour le retour au fascisme ! il me semble logique que la nuit soi la première a mourir ! . les nazis avaient fait pareilles . au début ont tue l'art ! ( un symbole de liberté ) puis s' installe le replie sur soi . s'ensuivent le refus des différences , l'abrutissement par la pensée unique … éxétéra . donc , encore une foie ! rien d'illogique ! les choses se méttent en place , voila tout . par contre se sera comme d'habitude , quand il sera trop tard ! les gens commenceront a se réveille en nombre .et que restera t'il a faire a se moment là ? la guerre civile ! ou mourir en silence .   tout cela et d'une banalité routinière des plus navrante .
    et se n'est pas , mon pauvre vocabulaire qui va insufflé un hélant de réactions ( encore moins une prise de conscience ) . mais je m'en tape ! . car comment ne pas ouvrir sa Modeste petit bouche , sur des fait aussi parlant ? du moment que l'ont a conscience du désastre qui se déroule sous nos yeux ! .  » régression  » est le seul mot qui semble approprié a l'état du monde , depuis au moins une quinzaines d'années . mémé les utopies n'ont plus assez de forces pour fédéré suffisamment de réactions , face a l'étendu du désastre .  – salut Spherik ( douzi 28.05.70 -

  2. acidaousse dit :

    C'est comme si chaque ville avait trouvé sa petite formule pour anéantir la vie nocturne et plus largement, ecorner la vie culturelle.

    C'est quand même dingue, je vois pa qui ca peut faire du mal. Ou alors c'est juste pour nous gonfler. Histoire qu'on s'amuse pas le week end non plus en plus de galérer la semaine.