Cela faisait quatre ans, depuis One Man Spaceship, que le Maître, Jeff Mills ne nous avait pas gratifié d'un véritable album. The Sleeper Wakes, c'est même un peu plus qu'un album, c'est une oeuvre complète incluant videos, vêtements, représentation scénique. Quatre ans maintenant que le projet est lancé. Quatre ans que Jeff Mills parcourt la galaxie en quête de sons. Le résultat est disponible pour les oreilles terriennes depuis peu. Décryptage.
Difficile de parler de The Sleeper Wakes comme d'un simple album. Après plus de vingt ans de carrière, Jeff Mills nous avait habitué aux bizarreries, il a cependant franchi une nouvelle étape cette fois ci.
The Sleeper Wakes est donc un concept artistique total. Le projet part du japon ou Mills a pu avoir une longue résidence artistique au Womb, club tokyoïte pointu, en 2005. S'en est suivi l'album One Man Spaceship et de nombreuses représentations. The sleeper Wakes est pensé autour de l'idée, conceptualisée par l'architecte américain Frank Lloyd Wright, que "La forme et la fonction ne font qu'un". Jeff Mills décide donc de quitter l'espace musical japonais pour quatre ans afin de préparer un retour scénarisé la nuit du réveillon 2010 au Womb avec un tout nouvel album et le spectacle qui l'accompagne.
Au cours de ce voyage stellaire réel et imaginaire de quatre années, le musicien s'est attaché à chercher de nouveaux sons , de nouvelles manières de composer mais aussi de se mettre en scène et de faire vivre une expérience unique à ses auditeurs. Le site sleeperwakes.com s'est fait l'écho de ce voyage, rassemblant les videos teasers et autres infos dont les nombreux fans japonais de Jeff Mills se sont repus.
L'atterrissage de l'astro-nef Jeff Mills a bien eu lieu à minuit le 31 décembre au Womb de Tokyo et le nouvel album est sorti simultanément au japon et 15 jours plus tard aux USA et en Europe.
La mise en scène est très réussie. Jeff Mills, en combinaison de spationaute, joue sur une estrade ronde dans laquelle sont encastrées 4 platines CD, un Mixer et une TR 909, vidéos, lumières et danseuses parachèvent le spectacle pour un rendu époustouflant.
Côté musique pure, si l'album est bon, très bon même, on ne peut qu'avouer rester un peu sur notre faim. Un projet tellement ambitieux nous avait ouvert l'appétit et on s'attendait (trop peut être) à une déflagration sonore à même de révolutionner la musique électronique pour 10 ans. Jeff Mills nous offre une nouvelle fois sa vision d'une musique électronique atmosphérique avec des rythmiques syncopées et de grandes plages d'ambiance à l'orgue ou au synthé. On retiendra particulièrement Spacewalk et From Beyond the Star même si l'ensemble est une oeuvre cohérente et insécable.
En ce qui concerne l'ambiance de cet album, en revanche, on est servis. Jeff Mills nous invite à prendre place dans son vaisseau spatial, une étrange machine volante que Jules Verne n'aurait pas renié, ou la technologie la plus pointue côtoie une esthétique futuriste vintage. The Sleeper Wakes est la bande son des rêves de tout fan de SF. On y croise le général Kassad en peine bataille avec les Extros, Hari Seldon au milieu d'une résolution de meta équation ou encore les femmes du Bene Gesserit pendant d'un rituel obscur.
- (4) Messages
A lire aussi :








Puii … terrible !!
Encore un concept invisible en France …. meme pas dans un de nos festochs …
C'est vraiment la classe ce projet. Faut être Jeff Mills pour se permettre de concevoir des plans comme celui la a cette echelle.
Après la musique, c'est du Jeff Mills, c'est a dire que c'est extraordinaire
mais on connait c'est vrai.
N'empêche que cet album m'a complètement fait voyager. Cette vision futuriste que Mills a toujours insufflé a son art me parle franchement.
Au chapitrte des spectacles complets, il y a Audion qui fait quelque chose de tres abouti niveau visuel et qu'il tourne sous le nom de Hecatomb Tour
Ca fait plaisir de le voir resurgir avec un concept comme celui ci … ca me manquait !
Il nous place dans un décor de plus , dans un univers qui va au delà de la musique pour l'auditeur
et ca fait du bien !
Un concept qui ne montre pas des nanas à poil , ne parle pas de dégeulis en after ou
d'animaux lubriques , voir de politique bon marché ….
Certes , on connait le style mais on se laisse facilement embarqué à son bord …
Il expose , un , des futurs ici , devant nous .
Un defilé de sonorités binaires , spatiales , que Jeff mills controle et les libère sur scéne
avec les machines .
On sent toujours un combat dans les sets de Mills mais la j'ai l'impression qu'il est plus serein …en lisant le titre « The Sleeper Wakes » , j'ai pensé tout de suite au » The Sleeper Must Awaken« du roman « Dune » de Franck herbert .Pas Vous ?
Arnold dit : « Un projet tellement ambitieux nous avait ouvert l'appétit et on s'attendait (trop peut être)
à une déflagration sonore à même de révolutionner la musique électronique pour 10 ans «
Clair qu'il ne révolutionnera pas avec cette album la musique electronique d'aujourd'hui mais bon il a déja fait
il y a quelques années … et pas en sortant qu' un titre !
Par contre , c'est un vecteur contemprain important pour les auditeurs éclairés , mélomanes , danseurs …
Manquant cruellement de pureté …
Un vecteur montrant une nouvelle fois la voie et répare les horloges internes des désabusées .
C'est quand le mix dans la station Mir ?
Ha non la prochaine fois , c'est à Paris , le 23 janv. 2010 au Regine' Club